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6月20日 "j'ai le temps"II y a quelques semaines, …, un farfelu schizo-paranochonchiaque nous campait une vision apocalyptique de ses prochaines vacances avec leur lot de cataclysmes familiaux et autres stress annoncés. Eh bien non, monsieur C.! Sachez que cet été tant attendu après neuf mois de frimas nous promet tout le contraire. Dès l'aube du 21 juin prochain, nous allons renaître de nos cendres citadines pour redécouvrir la lenteur, la paresse, la tendresse et le vrai goût des choses. Pour ce faire, il nous reste quelques jours pour réactiver nos sens en criant haro sur la voiture, l'ascenseur, les frites mayonnaise, les salades en sachet et autres crevettes congelées, mais cette désintoxication urbaine passe par un lent et difficile processus de décontamination. Mon téléphone portable? J'apprends à m'en éloigner de deux mètres par jour pour être prêt, le moment venu sur la plage, à lui préférer le cri strident des mouettes. Même motif, même punition pour mon ordinateur : je m'entraîne à l'éteindre le plus souvent possible: belle occasion de m'apercevoir que dans tout internaute il y a, mais oui, un être humain qui sommeille! Les informations? En réduisant leur écoute et leur lecture, je découvre que les bébés phoques, les pactes pestilentiels des centrales nucléaires et l'UMPSPC se débrouillent très bien sans moi. II me reste à m'entraîner à moins travailler, à essayer la sieste, à savoir dire « l'ai le temps » et à préparer mes futures lectures en flânant chez les bouquinistes et les vrais libraires. En fait, se préparer à l'art de vivre en été est un luxe qui n'est pas réservé à tout le monde, en tout cas pas à ceux qui ne se sentent pas disposés à regarder les mouches voler, à peigner une girafe, à compter les étoiles, à guetter une taupe dans son trou, à aider une fourmi trop chargée, à apporter de eau au moulin, à pousser une balançoire, à regarder la mer détruire un château de sable, à sauter à cloche-pied, à monter sur des grands chevaux, à chanter sous la pluie et à prendre le temps de suivre un escargot à la trace. Quant à moi, si l'on me demandait ce que je compte faire cet été, je répondrais sans hésiter: « Rien... » Et tout cela en quinze ours, vaste programme.
JEAN-LOUP CHIFLET
6月5日 Dans la vitrineIls sont assis dans la vitrine. Enfin, dans la vitrine, dans le café, là où la salle déborde sur le trottoir. Derrière la vitre, une petite table carrée entre eux. Ils se regardent. Nous les regardons de dehors. Comme sur un écran. Accoudés à la table, ils se regardent. Lentement, comme pour un bras de fer, ils se prennent la main. Toujours accoudés sur la table. Indifférents à ce qui les entoure. Il tire vers lui, pose ses lèvres sur le dos de sa main à elle. Elle tire aussi mais il résiste. Alors elle s'approche et pose à son tour ses lèvres sur sa main à lui. Cèder pour mieux prendre. Fondre pour mieux envelopper. Les autres mains, restées sur la table, font bouger leurs doigts. Ceux-ci se rapprochent les uns des autres comme s'ils marchaient sur la table. Ils se rejoignent, s'enchevêtrent, se tiennent, se retiennent. Les coudes s'écartent, les mains du haut descendent vers les mains du bas, laissant les lèvres se rejoindre. L'instant. Le temps. Le temps s'arrête. Ils n'entendent plus, ne voient plus. Yeux fermés, bouches jointes, respiration arrêtée, accélérée. la nôtre aussi.
"Je suis venu te chercher". Main dans la main, ils se lèvent, quittent la vitrine. Ils sont partis. Le café est froid. Peu importe. Ils sont heureux. 3月18日 Pêcheur de mots... et le clavier restait suspendu à ses doigts. Certaines touchent les rencontraient bien souvent, d'autres se désespéraient d'être effleurées, caressées. Et lorsque soudain ils approchaient, cela restait bien fugitif, leur chaleur n'avait pas le temps de se répandre, le temps d'attendre, attendre... ... une touche 3月17日 Parole d’eauParole d’eau
Comme une goutte d'eau, je désaltère, je rafraîchis, je durcis, je fonds, je suis léger, je suis lourd, je m'évapore, j'hydrate, je sustente, je tente, j'enveloppe, je m'aplatis, je réchauffe, je fais fondre... je mouille, j'allonge, j'adoucis, et j'aime glisser sur une peau frileuse ! Il y a bien longtemps que …Il y a bien longtemps que …
je n'ai lu de voeux en vers miré des oeufs en verre joué des jeux à l'envers regardé de mes yeux en vert dans l'âtre le feu en l'air et bien loin d'eux l'enfer alors d'autres cieux aller vers peut être mieux en mer ce que je veux en faire c'est ne pas m'en faire Je ne m'en lasse pasA une Passante La rue assourdissante autour de moi hurlait. 9月24日 rêveElle s'endort en rêvant de lointains cépages, de doux rivages, d'oiseaux sans cage, de divin partage.
Allons, pas de dérapage !
Mais avons nous l'âge d'être sages ?
O'Deal 7/6/06 |
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